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Culture Clown n°14

Juillet 2008

Histoires de clowns
Quelles histoires nous racontent les clowns et comment ?

  • SOMMAIRE

    Juillet 2008

    Histoires de clowns

    Quelles histoires nous racontent les clowns et comment ?

    SOMMAIRE n°14

    Édito : Créer des histoires de clowns : un chantier ouvert au public. (J.B. Bonange)

    En improvisation

    • Les ressorts des dramaturgies clownesques. (B. Sylvander)
    • Allumer l’imaginaire pour accoucher d’histoires signifiantes.
      Interview de Rosine Rochette (S. Wasniewsky)
      Encart : Ariane MNOUCHKINE et "Les clowns" (Théâtre du Soleil)
    • Et cric, et crac, le nez du clown pointe dans le grand sac !
      Le clown face aux contes. (A. Dumouchel)
      Encart : Associations libres d’une lectrice sur "conte" et "clown" (Claire Zavadovskaya)

    En spectacle

    • Le clown, la dramaturgie et l’écriture trouée.
      Interview d’Alain Gautré et d’Hélène Gustin. (O. Grippon)
    • T’imagines la tragédie ? Antigone au Festival Avril des clowns de Pézenas. (B. Forêt)
    • Au début, ça fait peur !
      Interview d’Adèll Nodé-Langlois. (B. Forêt)
    • La vie comme tragi-comédie
      Genèse de deux soli de clownes. (P. Gondebeaud)
    • La liberté de jeu sur le plateau. L’écriture et l’improvisation.
      Interview de Luc Miglietta. (M. Andreoletti)
    • Une histoire banale, touchante et poétique. "Impromptu" avec Félix et Filomène.
      Interview de Marie-Emilie Nayrand et de Jean-Luc Bosc (T. Le Tellier)
    • Ce que raconte le clown, c’est ce qu’il vit avec le public.
      Interview de Manu Sembely. (M. Andreoletti)
  • Edito

    Créer des histoires de clowns : un chantier ouvert au public.

    Le clown contemporain a su profiter du bel héritage reçu de ses "ancêtres et cousins excentriques"1. Et, depuis les années soixante dix, il a nettement conquis son autonomie artistique et élargi son champ d’expression. Le renouveau de l’art clownesque s’étant fait grâce aux artistes venant du théâtre ou du nouveau cirque (et particulièrement grâce aux femmes !), sa principale évolution concerne le développement de sa dramaturgie comique.

    Ce dossier de Culture clown en fait la démonstration en s’intéressant aux histoires que racontent des clown(e)s d’aujourd’hui, et qui nous touchent et nous font rire même si elles sont tragiques ! Bien sûr, si ces “histoires de clowns” sont du feu quand elles sont jouées sur scène, les textes qui les évoquent ici ne peuvent être écrits qu’avec de la cendre... Mais, nos lecteurs ont de l’imagination ! Et ils vont les rencontrer autrement en entrant dans les coulisses de la création, car chaque auteur essaie de partager comment elles naissent, mûrissent, prennent forme et se dégustent avec le public.

    Les histoires que produisent les acteurs-clowns d’aujourd’hui deviennent aussi émouvantes et (d)étonnantes que les histoires de la vie humaine dont les contes, les mythes ou les tragédies ont toujours été les miroirs allégoriques. D’ailleurs - on peut le constater dans plusieurs articles - ces "grands récits" sont souvent l’une de leurs sources d’inspiration et d’exploration qu’ils confrontent à leur regard singulier et à l’esprit du "jeu dans le jeu".

    Ce numéro nous invite donc à mieux identifier le "processus de création clown" en découvrant comment les différents acteurs, formateurs, metteurs en scène, réunis ici, s’y engagent avec exigence... et jubilation ! Même s’ils ont des parcours et des points de vue différents, tous témoignent de la grande diversité des situations, des thèmes et des enjeux investis par des clowns qui ne se cantonnent plus à la seule déclinaison de scènes de maladresse ou de dispute...

    Créer des histoires qui tiennent la route demande à l’acteur-clown de s’engager dans un vrai chantier pour, à la fois, affirmer l’univers de son personnage et sa présence dans l’instant, mettre en jeu sa propre histoire et son imaginaire comme matière vivante, la structurer dans une "écriture" tout en laissant au clown sa liberté de jeu ! Ce chantier produit alors un acte "clown" qui prend forme dans l’immédiateté (en improvisation) ou bien à la suite d’un lent cheminement (en création). Il reste que ces deux types de production – le jaillissement de l’improvisation et la construction d’un spectacle fixé – sont très complémentaires dans la pratique du clown.

    Au fil de ce numéro, il ressort que chaque acteur s’implique comme auteur dans cette aventure et qu’il a à trouver son propre passage de l’intime à l’universel... avec l’accompagnement respectueux et créatif d’un passeur nommé “formateur” (en situation de stage) ou “metteur en scène” (en création de spectacle) ; il ressort aussi que ce chantier clown reste en permanence ouvert au public (potentiel ou réel) ce qui induit une dramaturgie l’intégrant dans l’histoire et jouant avec les conventions théâtrales.

    Pour nous, les clowns tiennent de nos jours une fonction nouvelle en devenant ces conteurs un peu fous, fragiles et libres, profonds et drôles, qui nous tendent un miroir d’ombres et de lumières... et nous invitent à prendre le risque salutaire de le traverser.
    1 "ancêtres et cousins" issus du théâtre élisabéthain, de la pantomime, du théâtre forain, de la comédie populaire, et plus directement encore du cirque, du cabaret, du cinéma burlesque, des arts de la rue, etc.
    Jean-Bernard Bonange


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  • En improvisation

  • Les ressorts des dramaturgies clownesques

    par Bertil Sylvander

    Les histoires de clown, celles qui nous touchent, nous fascinent et nous font rire, sont - comme tout récit théâtral - des dramaturgies qui obéissent sans doute à des règles de structures du récit. Ces “règles” n’ont pas encore été - à ma connaissance - l’objet de recherches théoriques. Bien sûr, je ne prétends pas le faire dans le cadre de cet article, mais je voudrais donner quelques hypothèses en me basant sur mon expérience et sur quelques lectures.

    Il s’agit au fond de prendre au sérieux la dramaturgie des clowns ! Que cela soit dans des stages ou au spectacle, nous (en tant que public) percevons facilement les enjeux, rebondissements et chutes, comme des histoires tragiques, et nous sentons bien que le clown nous apporte, à nous les humains, de grandes leçons de vie. Mais les ressorts intimes de ces histoires restent le plus souvent confus.


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  • Allumer l’imaginaire pour accoucher d’histoires signifiantes

    Interview Rosine Rochette

    par Sylvie Wasniewsky

    Quel plaisir et quel honneur de rencontrer Rosine Rochette. Je l’écoutais, captivée, retracer son parcours, ses rencontres, évoquer Ariane Mnouchkine comme une vieille copine, se questionner à haute voix sur l’enjeu du travail du clown : "Qu’est ce qui m’a amené à trouver ce strip-tease clown pour accoucher d’histoires intéressantes qui sortent de l’ordinaire, qui soient plus "dangereuses", je ne sais pas si c’est le mot, mais qui soit plus signifiantes, qui sortent de l’anecdotique finalement ? Le risque du clown, c’est de tomber dans l’anecdotique, le comique pour être comique, dans le "tac au tac", où ce sont l’agilité et tous les stéréotypes qui nous entourent qui sont livrés. Comment échapper à ce risque ?" …et affirmer ses positions à la fois théâtrale et gestaltiste, dans sa passion pour les clowns. Nous avons passé du temps autour du magnétophone et voici sa parole, retravaillée avec elle et restituée ici.

    Ariane MNOUCHKINE et "Les clowns" (Théâtre du Soleil) par Rosine ROCHETTE - Extrait d’un texte publié en1992 dans le N°96 de la revue Pratiques corporelles Ariane Mnouchkine eut l’intuition de procéder à un grand nettoyage dans notre relation entre comédiens de la compagnie et dans la forme de notre travail en nous proposant de créer un spectacle entièrement issu de nous-mêmes, dont le style de jeu serait le clown. Aucune base de texte écrit si ce n’est nos propres "impros", enregistrées, retranscrites et retravaillées ; les options, le sens du spectacle apparaîtraient au fil du travail. Donc "impros", "reprises d’impros", mise en scène pour aller jusqu’au public. En fait, ce personnage de clown à trouver en chacun de nous, serait un porte-parole qui allait nous permettre d’exprimer, de crier ce que nous n’arrivions pas à nous dire en évitant le psychodrame, l’introspection, les lavages de linge sale et les éternelles discussions où la création passe à l’as.
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  • Et cric, et crac, le nez du clown pointe dans le grand sac !

    Le clown face aux contes

    par Agnès Dumouchel

    Le clown et le conteur, chacun à sa manière, racontent une histoire. Le clown s’adresse directement au public. Le conteur aussi. Le conteur est seul en scène. Le clown peut l’être aussi. Voilà plusieurs choses essentielles que partagent clown et conteur et qui vont permettent certaines connivences dont nous allons parler.

    Je perçois deux positions principales du clown vis à vis du conte. La première consiste à écouter un conte nouveau avec son nez (ce qui est déjà du grand art !). La deuxième consiste à se lancer sans filet dans la narration d’un conte connu.

    Associations libres sur "conte" et "clown" - par Claire Zavadovskaya
    J’ai relu le texte d’Agnès Dumouchel à plusieurs reprises et, à chaque relecture, j’avais une nouvelle série d’associations d’idées qui me venait. Je ne pourrai donc pas les donner toutes... Je suis comme le peintre de la réalité dans le poème de Prévert. Voilà ce que donne un texte bien pensé et bien conçu ! Quoi qu’il en soit, je tacherai de formuler certaines d’entre elles.


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  • En spectacle

  • Le clown, la dramaturgie et l’écriture trouée !

    Interview d’Alain Gautré et d’Hélène Gustin parOdile Grippon

    Une rencontre, un soir de décembre, chez moi. Une interview conviviale et fort sympathique, dans la nuit froide et humide de l’hiver parisien. Alain Gautré et Hélène Gustin : ces deux là sont complices et je partage vite le plaisir qu’ils ont à se retrouver. Ça s’annonce plutôt bien. Je vais pouvoir approfondir cette idée que défend Alain Gautré avec conviction et même virulence - "le clown est un métier", alors lequel et que raconte-t-il ? - et puis savoir comment Hélène Gustin en est arrivée à la construction d’un solo d’une heure, véritable "challenge" pour elle. Et ce clown moderne, de "quelle fable est-il porteur ?" Du thé bien chaud, un dictaphone et c’est parti ; je commence l’entretien à deux voix expertes.
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  • T’imagines, la tragédie ?

    Antigone au Festival Avril des clowns de Pézenas

    Antigone (Adèll Nodé-Langlois)

    par Béatrice Forêt

    Son "monologue clownesque", programmé lors d’une des soirées du Festival Avril des Clowns à Pézenas, a fait salle comble.


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  • Au début, ça fait peur !

    Interview d’Adèll Nodé-Langlois

    par Béatrice Forêt

    Après son passage au Festival Avril des Clowns, c’est un visage qu’on guettera dans le sud aussi... "Antigone", alias Adèll Nodé-Langlois, est une comédienne de Bourgogne. Après 15 années sur les routes, les trapèzes et les cordes lisses du Cirque Pochéros, compagnie qu’elle a co-fondée dans sa région, la voilà embarquée dans une aventure différente, sans chapiteau : un monologue clownesque dont elle a déjà donné une bonne vingtaine de représentations et dont la Ménagerie de Reims et Bonaventure Gacon ont soutenu le lancement.
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  • La vie comme tragi-comédie

    Genèse de deux soli de clownes

    par Pascale Gondebeaud

    Que nous racontent les clowns aujourd’hui ? D’où viennent leurs histoires ? Qu’est ce qui transforme ces histoires d’acteurs en histoires de clowns ? Histoires de leur vie mêlées à celle de notre société, les clowns nous tendent un miroir vivant, tragique et ludique. Dans un grand élan de générosité, ils avouent leurs rêves, leurs espoirs parfois leurs solutions dérisoires. Nous en rions et nous en pleurons à la fois. Nouveaux conteurs des temps modernes, ils envoient un message naïf et pertinent, dans leur combat contre toutes les guerres. Partant de leur intimité, ils nous content l’intime de la nature humaine. Et de ces guerres là, il va en être question, guerres de l’intime et guerres des mondes qui s’affrontent. Ouvrons les livres d’histoires de clowns : deux histoires en solo.

    Pilipone ( Pascale Pistorio) (Cie Pilipone et Bataclown)

    Pilipone dans "Gérard et moi"
    Interview de Pascale PISTORIO (Cie Pillipone) et d’Anne-Marie BERNARD (Bataclown)

    La première histoire est celle de Pilipone, allias Pascale Pistorio, mise en scène par Anne-Marie Bernard.

    Pilipone va enfin pouvoir mettre tout en œuvre pour réaliser son rêve grâce à nous, public : celui de devenir tragédienne et d’organiser un festival de théâtre. Déjà, sa vie est une tragédie. Elle se raconte et nous fait visiter ses rêves et, à travers elle, ceux de toute une génération. En quoi sommes-nous concernés par cette histoire de fan ou de midinette au cœur passionné ? Grâce à une petite annonce, le public est venu. Il est là et attend les consignes que l’on donne aux participants, au jury ou aux de futurs coorganisateurs bénévoles...

    Et pourtant, comment passer à l’âge adulte quand tout autour de vous n’est qu’une longue suite de tragédies ?


    Julietta (Myriam Andréoletti) (Cie Les Piqués du Nez et Bataclown)

    Julietta dans "Comme un cheveu sur la soupe"
    Interview de Myriam ANDREOLETTI (Cie Les piqués du nez) et de Bertil SYLVANDER (Bataclown)

    Il reste encore du thé pour embarquer ensuite Myriam Andréoletti et son metteur en scène Bertil Sylvander, en coulisses de création d’une autre tragédie : celle de la guerre et des réfugiés.

    Julietta veut agir contre la guerre, pour ces millions de réfugiés qu’elle aperçoit dans la file d’attente du guichet (celui de la salle de spectacle). Depuis la rue, elle arrive, étonnamment ronde dans son vieux manteau. Que cache t elle ? Elle tire un caddie d’où émergent poireaux et fanes de carottes. D’un coup d’œil, la méprise s’installe et ne la quittera pas : toutes ces personnes qui attendent sont des réfugiés. Les pauvres, ils ont faim ! La Mama sait ce qu’il faut faire : une soupe. Si ! Si !


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  • La liberté de jeu sur le plateau

    L’écriture et l’improvisation

    Interview de Luc Miglietta par Myriam Andréoletti

    Sur la scène montpelliéraine, on le voit partout ou presque ! Même dans la rue. Aujourd’hui, après 5 années d’existence, "Un bruit qui court" - sa compagnie - est en résidence au Théâtre Jean Vilar de Montpellier. Rencontre avec Luc Miglietta, à quelques heures de la générale de son nouveau spectacle "L’incroyable cirque de Farfal", création clownesque à cinq personnages. (Cie Bruitquicourt)
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  • Une histoire banale, touchante et poétique

    "Impromptu" avec Félix et Filomène

    Interview de Marie-Emilie Nayrand et de Jean-Luc Bosc par Thierry Le Tellier.

    Filomène (Marie-Emilie Nay rand) et Félix (Jean-Luc Bosc) (Cie Le voyageur debout)
    Tout au bout de la Bretagne, on trouve le Finistère, et tout au bout du Finistère, on peut s’enjoliver les yeux des superbes paysages de la Presqu’île de Crozon. Il y a, par ailleurs, sur cette presqu’île, en dehors de l’arsenal militaire de L’île longue ( plus de 2000 fois la portée d’Hiroshima en missiles !) une petite association qui se nomme "Jour de Fête". Depuis sa naissance il y a 5 ans, Jour de fête s’est gentiment fait un nom et a fidélisé un public familial. Ce dernier raffole des spectacles à caractère clownesque et a pu découvrir entre autre Colette Gomette, Rafistol, Quality Streets, Pilou et Cagibi... Dans ce contexte, c’est tout naturellement que j’ai demandé à la Compagnie du Voyageur debout de venir jouer leur spectacle "Impromptu". La rencontre fut belle, humaine et précieuse.
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  • Ce que raconte le clown, c’est ce qu’il vit avec le public

    Interview de Manu Sembely par Myriam Andreoletti

    Olivier Delamare et Manu Sembely (Cie Nezdames Nezsieurs)
    Emmanuel Sembely, dit Manu, est clown et formateur au Hangar des Mines près d’Alès en Cévennes, lieu de création et de formation créé par Michel Dallaire et Christine Rossignol. Co-fondateur de la compagnie "Nezdames & Nezsieurs". Au départ psychomotricien, c’est la rencontre décisive avec Howard Buten qui l’amènera à former au clown des groupes d’enfants et d’adultes, handicapés ou non. Il n’avait pas l’intention de se destiner à la scène mais, le hasard étant réputé pour bien faire les choses, il se retrouve à remplacer au pied levé un clown qui s’était blessé. C’était sous le chapiteau du cirque 360, 36 du mois. Puis, de fil en aiguille, il rencontre Michel Dallaire et plonge ! Ce sera son premier solo Hophop dans "Hop Hop Hop", puis un duo avec Olivier Delamare, "Hep les mobiles !", et en ce moment, il se retrouve dans la dernière création de la compagnie “Contre Pour” : une adaptation de "Carmen".
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