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La vie comme tragi-comédie

Genèse de deux soli de clownes

par Pascale Gondebeaud

Que nous racontent les clowns aujourd’hui ? D’où viennent leurs histoires ? Qu’est ce qui transforme ces histoires d’acteurs en histoires de clowns ? Histoires de leur vie mêlées à celle de notre société, les clowns nous tendent un miroir vivant, tragique et ludique. Dans un grand élan de générosité, ils avouent leurs rêves, leurs espoirs parfois leurs solutions dérisoires. Nous en rions et nous en pleurons à la fois. Nouveaux conteurs des temps modernes, ils envoient un message naïf et pertinent, dans leur combat contre toutes les guerres. Partant de leur intimité, ils nous content l’intime de la nature humaine. Et de ces guerres là, il va en être question, guerres de l’intime et guerres des mondes qui s’affrontent. Ouvrons les livres d’histoires de clowns : deux histoires en solo.

Pilipone ( Pascale Pistorio) (Cie Pilipone et Bataclown)

Pilipone dans "Gérard et moi"
Interview de Pascale PISTORIO (Cie Pillipone) et d’Anne-Marie BERNARD (Bataclown)

La première histoire est celle de Pilipone, allias Pascale Pistorio, mise en scène par Anne-Marie Bernard.

Pilipone va enfin pouvoir mettre tout en œuvre pour réaliser son rêve grâce à nous, public : celui de devenir tragédienne et d’organiser un festival de théâtre. Déjà, sa vie est une tragédie. Elle se raconte et nous fait visiter ses rêves et, à travers elle, ceux de toute une génération. En quoi sommes-nous concernés par cette histoire de fan ou de midinette au cœur passionné ? Grâce à une petite annonce, le public est venu. Il est là et attend les consignes que l’on donne aux participants, au jury ou aux de futurs coorganisateurs bénévoles...

Et pourtant, comment passer à l’âge adulte quand tout autour de vous n’est qu’une longue suite de tragédies ?


Julietta (Myriam Andréoletti) (Cie Les Piqués du Nez et Bataclown)

Julietta dans "Comme un cheveu sur la soupe"
Interview de Myriam ANDREOLETTI (Cie Les piqués du nez) et de Bertil SYLVANDER (Bataclown)

Il reste encore du thé pour embarquer ensuite Myriam Andréoletti et son metteur en scène Bertil Sylvander, en coulisses de création d’une autre tragédie : celle de la guerre et des réfugiés.

Julietta veut agir contre la guerre, pour ces millions de réfugiés qu’elle aperçoit dans la file d’attente du guichet (celui de la salle de spectacle). Depuis la rue, elle arrive, étonnamment ronde dans son vieux manteau. Que cache t elle ? Elle tire un caddie d’où émergent poireaux et fanes de carottes. D’un coup d’œil, la méprise s’installe et ne la quittera pas : toutes ces personnes qui attendent sont des réfugiés. Les pauvres, ils ont faim ! La Mama sait ce qu’il faut faire : une soupe. Si ! Si !