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Vivre et mourir sous les Neztoiles

Regards croisés sur une pratique entre le clown et le soin, entre l’art et le processus de transformation au seuil de la mort.

Amener le merveilleux dans le tragique

Auto-interview de Sandra MEUNIER (fondatrice des Neztoiles)

Sandra MEUNIER

En 2002, Sandra Meunier, clown et art-thérapeute commence son travail à l’hôpital en Ile de France avec son personnage elfique "Anabelle", consistant à amener de l’apaisement et de la joie auprès des adultes hospitalisés, tout d’abord en Neurologie puis en Gériatrie, en Soins Palliatifs, Oncologie… En 2005, elle crée le Clown Sympathique-Empathique devenu en 2012 l’association Neztoiles et travaille essentiellement en soins palliatifs pour adultes en fin de vie.

Sa pratique évoluant, Sandra Meunier cherche à se différencier des clowns hospitaliers en créant le concept de Neztoiles, l’art -soignant centré sur la joie. Dès 2007, elle transmet sa pratique à d’autres. Huit neztoiles sont actuellement prêtes à intervenir en Centres de soins dans différentes régions de France.

Capucine rend visite à Lucie

Adeline TAILLANDIER

Adeline TAILLANDIER

Sous les traits de Capucine, je fais un atterrissage au centre de Cancérologie Henri Becquerel ; Lucie, 25 ans est hospitalisée en soins palliatifs. Elle m’a vu passer dans le couloir. Kate, l’éducatrice, me dit qu’elle a envie de me voir... Oh oui moi aussi ! Nous y voilà ! Je frappe et j’entre…

Le grand voyage…

Emmanuel CLAIR (Uonam)

Emmanuel CLAIR

Oh que je suis encore émerveillé d’être parti au pays des lutins, d’y avoir entraîné Etienne, qu’il m’y ait précédé ! Nous avons fait un magnifique parcours d’une heure et quart, sans faille, en douceur, dans une vérité et une lumière aveuglantes pour un humain !Je suis entré à 17 h comme prévu par la fenêtre de sa chambre. Cela a déstabilisé Etienne, il ne s’y attendait pas. Annie, sa femme, avait ouvert la crémone, et dégagé la tablette, puis elle avait pris soin de tirer légèrement la porte de sa chambre. Il lisait. Sur l’instant, il ne m’a pas vu, puis il a tourné la tête, sûrement à cause du froid qui entrait. Il m’a vu et a souri d’étonnement ! Je lui ai dit doucement avec ma voix de petit garçon, de petit lutin "Bonjour Etienne !". Je suis entré puis tout de suite il a voulu voir la matière des boutons de ma chemise.