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Le clown, un ferment à notre insu

par Marie-Claude THEODAS

Atelier en action d’insertion

Notre atelier théâtral ("Graines d’humour") a la particularité de rassembler des personnes bénéficiant des minima sociaux1 mais aussi quelques bénévoles (et parfois des enfants). Il fonctionne sur un rythme hebdomadaire et parfois les week-ends selon les projets. La ligne-force est de favoriser la créativité de chacun dans un cadre confiant, empreint de respect et de non jugement. L’atelier est reconnu comme troupe de théâtre amateur. Ainsi, entre 12 et 18 personnes deviennent comédiens le temps d’une répétition, d’un spectacle. Et puis, de temps en temps, une pratique du clown est proposée au groupe. Quand j’annonce l’organisation d’un WE clown, en règle générale, rapidement les yeux pétillent, les sourires s’allument. Signes que je pourrais traduire par "chic on va passer un bon week end !". Il y a dans l’air un je ne sais quoi de printanier, d’insouciance, de quasi instantané, voire instinctif. Cela m’interroge car, lorsque nous travaillons sur un plan théâtral, l’ambiance est studieuse, joyeuse, chaleureuse, les comédiens ponctuels, présents, dynamiques. Mais que se passe-t-il donc de différent et où va-t-il nous chercher ce compagnon au nez rouge ? J’ai donc interrogé les participants autour d’un verre… Ce temps d’arrêt sur notre pratique de l’art clownesque nous a permis d’affirmer que le clown est un passeur, un moteur, un stimulateur, un révélateur de nos forces et fragilités, bref un prestidigitateur !